Description & Technical information

CESAR

César, ”homo faber, homo ludens”[1], est un des grands sculpteurs français de l’après-guerre, dont la période créatrice s’identifie bien avec celle des Trente Glorieuses. En 1954, il développe les fers soudés ; en 1959, ce que Pierre Restany appelle le « geste créateur » avec les compressions ; puis, suivront les empreintes, avec entre autres les variations sur le pouce, son pouce, pouce d’un sculpteur qui n’a jamais modelé - humour et dérision-, dans tous les matériaux et toutes les dimensions ; plus tard à la fin des années 60, les expansions et les coulées, et, enfin, en 1971, les rarissimes enveloppements... Dès lors, variations, développements et retours sur ces périodes, feront de cet artiste « guidé par la logique du matériau » disait-il, un des plus importants de sa génération.

C’est en 1952, sur les conseils d’amis, que César apprend la soudure et commence à créer des formes composées de matériaux récupérés dans des casses, ce qui lui permet de continuer à créer pour quasiment rien, alors qu’il est dans une situation financière difficile.
Ce corbeau appartient à la catégorie des « animaux imaginaires ». Le modèle en fer soudé fut créé en 1954 et apparaît comme un des plus dynamiques du corpus composé d’environ 93 modèles d’animaux, répertoriés dans le catalogue raisonné de Madame Durand Ruel ; qui a authentifié notre épreuve (n°archives 466 CRI-89).

Elle a appartenu à la collection Colette Creuzevault, fille d’Henri Creuzevault. Inspiré par Ambroise Vollard, Henri Creuzevault se spécialisa dans l’édition et les reliures d’ouvrages illustrés par de jeunes artistes de l’avant-garde comme, Henri Laurens, Aristide Maillol ou Dufy. Avec sa fille Colette, il ouvre après la seconde guerre mondiale une Galerie sur le Faubourg Saint Honoré, où il expose Germaine Richier, puis à partir de 1960, César.

L’ÉPREUVE

D’une édition limitée à 8 exemplaires démarrée en 1974, cette belle épreuve fut fondue par Attilio Valsuani, frère de Claude Valsuani. Attilio s’établit à Bagneux et fut sollicité par Despiau ou encore Bourdelle. Synonyme d’une grande qualité de fonte, la marque de ce fondeur est beaucoup plus rare que celle de son frère.  Notre épreuve présente ainsi une belle empreinte, soulignée par une patine brune richement soutenue. Celle-ci permet  d’unifier les disparités de textures des surfaces, visibles à l’origine sur le modèle en fer soudé. L’édition débutée par Valsuani fut finie par Landowski, qui la compléta lui-même avec une édition à 3 exemplaires.


[1] « Homme qui fabrique et qui joue »

Date:  1974
Period:  20th century
Medium: Bronze à patine brun
Signature: Épreuve en bronze signée "César", numérotée "5/8" et portant le cachet du fondeur  "Attilio Valsuani cire perdue", avec la mention "© by Creuzevault"(éditrice du modèle) - Bronze de sa collection personnelle avec parcours international d'exposition muséale.

Dimensions: 53.2 x 28.4 x 23.2 cm (21 x 11¹/₈ x 9¹/₈ inches)
Exhibitions: Parcours international d'expositions muséales :
1998 – Mexico – Museo Rufino Tamayo.
1998 – Malmö – Kunsthalle.
1999 – Sao Paulo – Museo Brasileiro da Escultura.
1999- Montevideo – Museo Nacional.
2002 – Zaragosse – Museo Pablo Gargallo.

Categories: Sculpture